
"Dans la nuit du 14 août 1791, au milieu d'une forêt appelée Bois Caïman,située au Morne-Rouge dans la Plaine Du Nord,les esclaves tinrent une grande réunion en vue de mettre en place un plan définitif de révolte générale.Ils étaient là environ deux cent commandeurs, délégués de divers ateliers de la région. L'assemblée était présidée par un nègre,Boukman, dont la parole enflammée exaltait les conjurés. Avant de se séparer et de sceller les engagements pris, on procéda à une cérémonie impressionnante.Il pleuvait avec rage. Tandis que l'orage grondait et que les éclairs sillonaient le ciel, une négresse de haute stature apparut brusquement au milieu de l'assistance. Elle était armée d'un long couteau pointue, qu'elle faisait tournoyer au dessus de sa tête, en exécutant une danse macabre et en chantant un air africain que les autres chantaient en choeur,prosternés, la face contre terre. On traîna ensuite devant elle un cochon noir, qu'elle éventra de son couteau. Le sang fut recueilli dans une gamelle de bois et servi à chaque délégué."
Sur cette illustration d'André Normil on y voit une jeune prêtresse dansant et sur le point de sacrifier un cochon noir.L'homme debout brandissant un coutelas est Boukman.Les vèvès déssinés sur le sol sont ceux d'Ogou Feray, loa du feu et de la guerre dont on reconnaît les symboles:le sabre la machette et le feu.On reconnaît aussi la croix de Legba, le loa qui ouvre la porte des autres loas.Après avoir offert en sacrifice l'animal aux forces du Vaudou et avoir bu son sang l'assistance prêta le fameux serment:"Vivre libre ou mourir".Cette cérémonie va galvaniser les esprits et se positionner comme le prémice d'une révolte qui durera plusieurs années et qui par la suite sera menée en grande partie par Toussaint Louverture. Quelques jours plus tard, le 21 août,les esclaves du Nord vont égorger un millier de colons et détruire sucreries et caféteries.Cette nuit marquera le début d'une guerre d'indépendance qui dureraplusieurs années.
En 1794 sera aboli l'esclavage dans les colonies francaises, mais en 1802 Napoléon,mû par le désir de restituer un empire colonial en Amérique, décide d'envoyer des troupes reconquérir l'ile et y rétablir l'esclavage,Toussaint Louverture est fait prisonnier et enfermé au fort de Joux dans le Jura ou il mourra quelques mois plus tard.Mais les garnisons francaises ne parviennent pas à maintenir les rebelles. Malgré les renforts envoyés à répétition, la France ne parviendra pas à reprendre possession de l'ile. Sur les 70 000 hommes que Napoléon enverra 55000 mourront des fièvres et des escarmouches.L'indépendance de Saint Domingue sera proclamée le 1er janvier 1804. Le vaudou fut ainsi un véritable catalyseur dans la révolte des esclaves noirs de Saint Domingue, la brêche qui permit aux esprits de trouver une cohésion dans leur quête de liberté.Encore aujourd'hui il a valeur d'affranchissement politique, les chanté pwen fustigent le comportement de ceux qui utilisent le sacré pour accéder au pouvoir et ainsi que les leaders et leurs abus.
Certains détracteurs du Vaudou ont dit que le Vaudou est une religion du mal ... ? Il semblerait que cette affirmation viendrait en fait de la « chasse aux sorcières » systématique qu’avaient orchestré les catholiques à l’époque de la colonisation et de la catholisation à tout va, en affirmant que tout ce qui n’était pas catholique était « dans le péché » et donc ne pouvait qu’être suppôt du mal sous ses formes les plus diverses. Il est utile de noter que la religion catholique de l’époque ne pouvait admettre qu’il pouvait exister d’autres religion qu’elle même.
Qu'en est-il de l'utilisation des esprits des morts dans le vaudou ? La mort fait partie intégrante de l’exercice du culte Vaudou. L’Art Vaudou nous permet en effet d’utiliser les esprits des morts pour réaliser certains travaux, sous le contrôle des LOAS. C’est une forme de zombéisation de l’esprit que l’on mettra à notre service pour la réalisation de ce que l’on a à faire dans le cadre Vaudou. Dans ce cas, bien entendu, l ‘esprit du mort ainsi capturé n’est pas choisi au hasard, le contexte se situe dans un domaine social bien précis de châtiment notamment.
Dans le Vaudou nous avons l’habitude de côtoyer les esprits des morts dans notre quotidien, sans pour autant donner dans le spectaculaire. La mort fait partie intégrante de la vie. Pas de vie sans mort, pas de mort sans vie. Donc la mort est un peu notre partenaire.
donc le vaudou est une bonne religion ouverte a toutes les couleurs des nations du monde avec un grand respect des esclaves noirs morts pour être libre. car les anciens de la religion vaudou est d'origine des noires d'afrique du benin donc aucun rasisme divers n' est tolérer dans la religion vaudou ainssi que toutes sortes de discriminations......
La Santería est une religion très populaire à Cuba, particulièrement dans les endroits où la population d’origine africaine est plus concentrée (L’est de Cuba, La Havane).
Cette religion est un syncréthisme de la religion catholique et de la religion des africains yorubas. Quand les Yorubas étaient esclaves, il leur était interdit de pratiquer leur religion. Ils camouflèrent donc leurs cultes en religion catholique, mais en réalité les saints qu’ils priaient représentaient leurs dieux.
Les yorubas étaient polythéistes, et leurs dieux représentent des forces de la nature (leur religion fait partie des religions anémistes). À l’origine, les Yorubas avaient plus de deux cents dieux, mais moins d’une vingtaine ont été conservés dans les cultes à Cuba.
Selon la religion des Yorubas, chaque personne possède son propre orisha (dieu), qui agit en tant qu’ange gardien. Ainsi, les partiquants se font batiser, après quoi ils peuvent invoquer leur orisha afin de demander conseil ou afin de réclamer des faveurs (amour, argent, santé...).Les liturgies afro-cubaines conjuguent ici un mélange des traditions de l’Afrique animiste et ceux de l’Espagne catholique.
La Santeria s’articule autour de divinités (Orichas) ayant chacune leur représentation catholique. Ce dédoublement est appelé syncrétisme.La Santeria est un monde de couleur,la moitié de la population de Cuba pratique la Santéria. Il y a pratiquement 1 Orisha pour chaque difficulté et 10 000 balalaos ( prêtres de la Santéria ) à CUBA.
Yemaha : en bleu, la mère universelle règne sur les eaux salées et la maternité.Elle représente la déesse noire de la mer et symbolise la vie.C’est aussi la Virgen de Regla.
Eleggua : en rouge et en noir tient les clefs du destin des hommes.il peut prendre l’aspect de Saint Antoine.
Ogun : frère de Chango, grand guerrier maître des minéraux, des métaux, et de la forge.
Ochun : en Jaune et or, femme d’Orula, elle est aussi la Virgen de la Caridad del Cobre, la Sainte patronne de Cuba.
Oddua : dieu des morts et des esprits est symbolisé par Jésus
Obbatala : en blanc, symbolise la pensée, la lumière, la paix, l’harmonie et l’équilibre.Elle représente la Vierge Marie.
Chango : en rouge et blanc est maître de la foudre, du tonnerre, des éclairs, de la guerre et des tambours. Représenté par Santa Barbara.
Obatala : Père de tous les Orishas et de l'humanité, il règne également sur l'esprit. La source de la pureté, de la sagesse, de la paix et de la compassion. Il utilise son côté guerrier afin de rendre justice dans le monde. Sa couleur est le blanc. C'est le seul Orisha avec des chemins masculin et féminin.
Palo Monte, Briyumba Congo, Santos, Ifa, Regla de Ocha, La Table d'Orula, et les sectes comme l'Abakua, constituent la chaîne spirituelle de la culture afro-cubaine.
En trois siècles et demi, 1.3 millions d' esclaves ont été emmenés de l'Afrique à Cuba. La population Afro-cubaine comporte quatre groupes ethniques majeurs : Bantou, Yoruba, Ibo/Ibibio/Ijaw et Ewe/Fon. L'ethnie la plus importante est celle des Bantous, originaires du sud de l'équateur (Angola, Zaïre et l'ancien Congo). Ils se subdivisent ensuite en Bakongo, Abudu et Makua. Le peuple Bantou est à l'origine de la religion Palo Monte, toujours très présente à Cuba. Les trois groupes du sud-est du Nigeria Ibo, Ibibio et Ijaw sont arrivés à Cuba à partir de 1762. Une sous-ethnie des Ibibio, les Efik y ont importé la société Abakua, la seule société secrète qui ait résisté au déracinement. Le peuple Ewe/Fon est originaire du Royaume Dahomey. Suite à l'attaque du Royaume Yoruba sur le Dahomey, de nombreux Ewe/Fon arrivent à Cuba entre 1750 et 1800. Le peuple Ewe/Fon est à l'origine de la religion Regla Arara que l'on retrouve principalement à Matanzas. Venu du sud-ouest de Nigeria, le peuple Yoruba arrive sur l'île entre 1820 et 1860. C'est le second groupe ethnique africain à Cuba. Parallèlement, beaucoup d'esclaves du peuple Yoruba vont jusqu'à Bahia, au Brésil. Les pratiques religieuses des Yoruba deviennent la Santeria, la Regla Lucumi ou la Regla de Ocha à Cuba.
La Santeria est une religion de syncrétisme entre les pratiques religieuses animistes africaines et le catholicisme hispanique. En terme de politique de management des différents peuples souvent ennemis, les propriétaires d'esclaves africains pratiquent la bonne vieille politique du "diviser pour mieux régner". En permettant aux esclaves d'une même ethnie de se rassembler, ils renforcent ainsi leur identité régionale.
De cette façon, les Africains peuvent continuer en secret la pratique de leurs religions. Face au monopole de l'église catholique, les Africains finissent par assimiler leurs dieux (Orishas) aux saints catholiques. Ainsi est née la Santeria. Eleggua prend la forme de Saint Anthony, Ogun de Saint Pierre et Chango de Sainte Barbara. La Santeria devient la pratique religieuse prédominante de la population Afro-cubaine, même après l'abolition de l'esclavage. Guidés par les babalawos (les prêtres de l'Orisha Orula), les adeptes se réunissent dans les maisons particulières, à l'abri des regards peu approbateurs des catholiques et des athées. Près de 70% de la population cubaine possède des ancêtres africains et c'est une majorité qui pratique, de nos jours, une forme ou l'autre de la Santeria. Malgré l'interdiction de ces pratiques religieuses par la Révolution castriste, on dit que Fidel lui-même aurait fait un voyage d'initiation au Nigeria. La Santeria donne sa couleur et son rythme à une bonne partie de la musique cubaine contemporaine.
Omar Sosa, fils d'Obatala et grand jazzman, nous invite à découvrir cet univers spirituel ancestral et universel.